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La
Genèse : Pourquoi un lougre ?
Le bateau du Pays de Quimper
Tout débuta en septembre 1989. Des Quimpérois eurent
l'idée ambitieuse de réaliser, dans le cadre du concours "Bateaux du patrimoine des côtes de France",
organisé par le "Chasse-Marée"
pour Brest 92, un Lougre de l'Odet.
Cette idée, reconstruire à
l'identique, sur les quais de Quimper, un des bateaux les plus répandus en
Bretagne sud au siècle dernier, à l'apogée de la voile au travail. Un bateau
humble et magnifique, semblable aux centaines d'autres qui transportaient
quotidiennement le charbon, le bois, le blé et le vin sur toutes les côtes de
l'Europe de l'Ouest. Quimper était alors un port dans la ville. Les gens de
Locmaria étaient alors pêcheurs ou matelots.
Ces "gens du Lougre"
sont motivés par l'urgence de sauver de l'oubli des métiers, des techniques,
des bateaux arrivés à une sorte de perfection. Plus largement ils veulent
sauver la mémoire de ces gens de mer comme de ceux d'une ville qui vivait
encore voici peu au rythme des marées. Dans leur diversité, ils souhaitent
surtout par ce projet trouver ou retrouver le sens d'une histoire, et le
bonheur de réveiller la passion et la générosité de chacun.
Ce n'est pas par hasard si la
région de Quimper, ville ouverte sur la plus belle rivière à marée d'Europe et
sur un bassin de navigation exceptionnel, demeure une pépinière de marins. Et
ce n'est pas un hasard non plus si à peine lancée, l'idée de construire un
lougre a pris corps. Très vite, l'association a compté plusieurs milliers de
membres venus de tous les horizons, pour s'associer à ce magnifique et généreux
projet.
Chaque vendredi, le bureau de
l'association se retrouvait, près du chantier de construction, dans une
auberge, qu'il nommait affectueusement "la taverne du Lougre". Le
tâche a été partagé en commissions : technique, culture, communication,
recherche de partenaires financiers...
Ces commissions étaient bien sûr
"ouvertes". Chacun pouvait y entrer selon ses goûts, ses compétences
ou sa bonne volonté. Car il s'agissait bien du bateau de toute la ville, de la
rivière et du pays de Quimper.
Conception architecturale
La démarche de l'association
s'est fondée sur deux principes:
La recherche d'un degré élevé d'authenticité, qui se
traduit bien sûr au niveau du choix des matériaux, des méthodes de construction
et du gréement, mais implique surtout une grande rigueur dans la recherche de
la documentation qui doit être la plus précise et la plus complète possible.
Une volonté d'utilisation effective du bateau. Celui-ci
n'aura pas comme à l'origine à assurer le transport de cargaisons lourdes sous
la conduite d'un équipage professionnel complet mais embarquera surtout des
passagers inexpérimentés pour une majorité de navigations courtes, souvent
effectuées dans des rivières à marée, avec une nécessité d'horaires à
respecter.
Un certain nombre d'interventions
architecturales devront donc être opérées, à partir des documents d'origine
pour adapter le bateau à sa nouvelle fonction. Les plus importantes portent sur
l'adoption d'un moteur nécessaire à l'accomplissement du programme, d'une part,
et d'autre part sur une réduction du déplacement pour une navigation sur lest
(c'est à dire à vide, sans cargaison) et une bonne marche à la voile.
En conséquence, après avoir
rédigé un cahier des charges extrêmement complet, l'association a demandé à un
architecte naval choisi pour son expérience de ce type de projet, François Vivier, de Saint-Nazaire,
d'opérer une synthèse de la documentation sélectionnée, aux dimensions et
caractéristiques choisies, et de concevoir les plans de formes et de voilure du
navire. L'important est que les modifications opérées par rapport aux dessins
d'époque soient clairement définies et assumées, et qu'elles conduisent malgré
tout à des formes qui auraient pu exister à l'époque.
CONSTRUCTION
DE CORENTIN
Juin 1990 / juin 1991, un an de travail
Le Chantier
Le travail a été confié au chantier naval de Saint-Guénolé :
Dirigé par Michel Canévet, le
gérant, Jacques Hénaff, et Paul Quillivic qui a dessiné les plans
du bateau en partant du travail effectué par l'architecte naval François Vivier. Guidé par deux
professionnels confirmés, le modéliste François Renault à qui les plans
d'exécution ont été commandés et Jean-Pierre
Philippe, délégué par le Musée du
Bateau, les travaux iront aller bon train sous la direction du contremaître
Patrick Gourlay.
Chênes "tors" et fûts
Une fois les plans dessinés, il a
fallu avant toute chose choisir le chêne qui permettrait de charpenter
Corentin. Ce chêne (une cinquantaine de
tonnes, au bas mot) provient des forêts
de France et pour l'essentiel de Mayenne,
où est installée la scierie Doineau qui
a sélectionné et débité le bois du Lougre. Les chênes "tors", aux courbes généreuses
épousent les formes arrondies de la membrure
du navire. Les fûts, bien droits et
sans défaut deviennent, quant à eux, quille,
étambot ou bordé. La découpe des différentes pièces a produit... 15 tonnes de copeaux !
La quille
C’est le 23 juin 1990, en pleine liesse Quimpéroise, qu'a été posée la quille de Corentin. Elle mesure 14 mètres de long et se constitue de
deux très fortes poutres réunies bout à bout par un assemblage bien
particulier, appelé "le trait de
Jupiter", qui les assujettit grâce à deux pièces en bois dur
constituant la "clef".
De l'étrave à l'étambot
A chaque extrémité de cette
quille les charpentiers dressent à l'avant, l'étrave et à l'arrière, l'étambot
ou piquet. Cet étambot est une pièce maîtresse de 35 cm de section qui supportera la voûte arrière et le gouvernail.
Entre l'étrave et l'étambot, se
monte ensuite la membrure qui forme
l'ossature du bateau. Les charpentiers tracent et scient avec grand soin les
"couples" composant cette
membrure et qui porte les noms de varangues,
fausses varangues, genoux, allonges ou jambettes. A
l'assemblage, il faut savoir les "balancer"
harmonieusement, pour respecter les formes du Lougre. En novembre 1990, vient ensuite la fixation de la carlingue qui, posée sur les varangues, parallèlement à la quille,
rigidifie la charpente.
La reconstitution de l'arrière en décembre
1990
Une fois la membrure bien
solidement balancée, les charpentiers de "Corentin" ont façonné les formes arrières du Lougre, héritées
de celles des grands vaisseaux de la marine royale des XVIIe et
XVIIIe siècles. Les Lougres ont été parmi les derniers navires à
suivre cette tradition.
Mais aucune épave et aucun témoin
oral n'a pu documenter concrètement les architectes de Corentin. L'arrière du
bateau formé par l'arcasse, la voûte et le tableau fut donc le fruit d'une recherche archéologique approfondie
effectuée par François Renault.
La mise en place des bordés en février 1991
: la peau du bateau
La reconstitution de l'arrière
était la dernière étape avant l'habillage du bateau , des longues planches que
sont les bordés solidement cloués par des carvelles
et chevillés à l'ossature à l'aide de gournables
en acacia. Ces bordés qui
constituent véritablement la peau de Corentin doivent être ajustés avec une
grande précision.
Pour que ces longues planches ne
se rompent pas, certaines sont assouplies à la vapeur d'eau d'une étuve. La
dernière étape, "la clore",
qui consiste à mettre en place le dernier bordé, a été réalisée en mai 1991.
Bon vent Corentin !
Avant de charpenter le pont, la
coque achevée est calfatée. Les
compagnons engagent l'étoupe dans
les interstices entre les bordés à l'aide de fers frappés au maillet. Du brai bitumineux et du mastic achèveront le travail.
Derniers travaux de charpente
La pose du pont en sapin qui
repose sur les barrots ou baux puis la menuiserie du roof, des postes avant, arrière et
du carré.
Les mâts, bien sûr sont parés
6m3 de pin d'Oregon pour le grand mât (19,95m), le mât de misaine, l'artimon, le bout dehors,
la queue de malet et les quatre vergues.
Fabriqués au départ dans la réserve du musée de Douarnenez par Jean-Pierre Philippe et Milo Louboutin, suivant la technique du
raboutage par SCARFF (bastaings collés et superposés suivant
la technique du "lamellé-collé").
L'ensemble des mâts est ensuite
conduit sur les quais de l'Odet pour finition : ponçage, lasurage, assemblage
des ferrures fabriquées, une à une,
de manière artisanale par le forgeron Michel
Canévet.
MISE
A L'EAU DU BATEAU
Un nom pour un bateau
Toute la ville avait les yeux
rivés sur sa rivière, tandis que le Lougre s'apprêtait à y plonger sa coque.
Sur le chantier, on mettait les bouchées doubles. Henry Kérisit et les sculpteurs du "Copeau doré" fignolaient la décoration du tableau arrière :
"CORENTIN QUIMPER", du nom
de ce saint irlandais qui construisit la première église de la ville, à
l'endroit où s'élève aujourd'hui la cathédrale.
En réunion, on avait proposé un
nom, beaucoup plus traditionnel pour un caboteur, "Saint-Corentin". Un Lougre de l'armement de La Hubaudière,
capitaine Jean, s'appelait ainsi dans les années 1850, mais, détail amusant, la
vertu laïque d'un membre de l'association s'en trouva offensée : "Cachez
donc ce saint que je ne saurais voir
! "
Le Lougre de l'Odet s'est donc appelé "CORENTIN" tout court.
Lancement du bateau le 29 juin 1991
Une rampe
de lancement a été
construite cale Saint-Jean, à deux pas du chantier. Au jour dit,
le Lougre a
été posé sur son ber généreusement
suiffé. Par mesure de sécurité, une souille
d'une vingtaine de mètres a également été
creusée dans le lit de la rivière, au
pied de la cale, pour prévenir tout risque d'échouage.
"Nous aurions l'air
malin, s'il se plantait comme un tacaud dans la vase ! "
Car s'il a mis un point d'honneur
à construire ce bateau à l'identique, l'équipage du Lougre a voulu aussi lui
offrir un lancement digne de ses pairs, un vrai lancement de caboteur à
l'ancienne. La passerelle du Cap-Horn fût ouverte pour ouvrir Quimper aux misainiers. Les bisquines et les yachts
ont dû rester en aval, bloquées par ce pont qui a effacé le port de Quimper.
Ils étaient quinze mille spectateurs pour saluer
la pose de la quille. Ils étaient cette fois quarante mille à se presser sur les quais pour assister à ce
grandiose spectacle. Du jamais vu à Quimper.
Parlant au nom des 2 400
adhérents de l'association, Michel
Bellion donnait alors la mesure de l'événement : "Le Lougre de l'Odet,
défi un peu fou, est devenu réalité au confluent des souvenirs et des ambitions
d'une ville qui avait peut-être oublié le sens de son histoire... Le Corentin
nous réapprend le chemin de la convivialité qui fait la force morale de toute
communauté."
Le Lougre fût ondoyé par une
petite fille et un petit garçon avec de l'eau de la fontaine de Locmaria. les
quarante mille personnes retenaient leur souffle. Paul Quillivic, venait de porter le dernier coup de masse.
Insensiblement l’énorme coque s’est ébranlée avant de filer sur son ber. Rien
ne pouvait plus l’arrêter. La foule laissa échapper un grand cri. Le Lougre de
l’Odet n’avait pas encore touché les eaux de la rivière, qu’il venait
d’inscrire un spectacle inoubliable dans le coeur des Quimpérois. Une gerbe
d’écume blanche salua l’arrivée de ses trente cinq tonnes.
L'équipage a alors levé les bras au ciel. Heureux de vivre cet
instant tant attendu. les émotions n'étaient pourtant pas finies. Celui que
certains avaient baptisé le "Bougre de l’Odet" faisait déjà des
siennes. L’aussière de contrôle, qui devait limiter la course du navire, s’est
prise dans une béquille et s'est tendue prématurément. Tel un élastique, elle a
renvoyé le Corentin vers l’autre rive. Il arrêta sa course
juste aux pieds de son parrain, Eric Tabarly. Le Lougre avait (et a
toujours) de bonnes manières, mais il venait de prévenir ses futurs matelots :
"Un Lougre, il faut apprendre à le dompter !". Tandis que la yole Amitié emmenait le Corentin au mouillage, certains pensaient déjà
aux lendemains.
Six cents bénévoles ont retroussé les manches pour que le baptême
de ce magnifique bateau soit inscrit dans les annales. Mission accomplie...
Merci à eux.
PREMIERES
NAVIGATIONS
Corentin quitte Quimper
La coque noire liserée d'un
liston jaune et rehaussée d’une fargue blanche sur l'arrière, qui pointe son
étrave en direction de la cathédrale, n'est encore qu'une coquille vide. Ou
presque. Tous les emménagements restent à réaliser. Il faut aussi poser le
lest, car à la différence de ses ancêtres, le
Corentin n'embarquera pas du charbon ou du vin, mais des passagers. La
nuance est de poids, puisqu'il faudra la compenser par vingt-six tonnes de lingots de plomb glissés entre ses membrures.
Une partie de ces lingots provient de l'épave du Louvre, un bâtiment coulé devant les côtes bigoudènes en 1898.
Et puis, un matin d'avril 1992, Corentin largue les amarres des quais de sa
ville. Il part pour Bénodet où
il va recevoir son gréement. On le savait. Tout le monde s'y attendait.
Techniquement il était impossible de mâter le Lougre à Quimper car il n'aurait
alors pu franchir l'incontournable pont de Poulguinan.
La cité doit donc se résoudre, la
mort dans l'âme, à voir partir son bateau. Comme un enfant trop vite grandi qui
déserterait la maison familiale sans promesse de retour, le Corentin s'en va
voir la mer. Il n'a pas été construit
pour servir de décor pittoresque à la ville, mais pour naviguer.
Le 10 juin 1992, mise en place des mâts
Fabriqués le long des allées de
Locmaria, les mâts mais aussi le bout-dehors ont été transporté jusqu'au
port de Bénodet par camion.
Autrefois la mise en place du
gréement se faisait à l'aide d'une chèvre
et de palans. A Bénodet, l'équipe de
Corentin, a préféré avoir recours à la flèche télescopique du camion-grue du GAI MATELOT. Beaucoup plus maniable et
moins risqué en effet qu'un matage à l'ancienne, même si sa technique, en
théorie, est connue des érudits en gréements anciens du lougre. L'opération
s'est déroulée sans difficultés majeures.
Placé sur un Louis d'or, comme le veut la tradition, le grand-mât ou mât de
taillevent a été le premier à être mis en place sur le lougre Corentin, à Penfoul à Bénodet. Toutefois, une petite erreur
dans le montage du gréement dormant a, par contre, contraint l'équipage d'une
bonne vingtaine d'hommes, à remettre à terre le mât de misaine, qui avait déjà été mis en place. Quant au tape-cul, posé directement sur le pont,
son matage ne devait pas poser de problèmes particuliers.
En fin de soirée la
transformation de Corentin faisait plaisir à voir. Avec son taillevent de 22 mètres, son mât de misaine de 15 mètres, et son tape-cul de 10 mètres le lougre est passé du stade de "péniche" à celui de navire de haute mer. Il ne lui manquait plus que ses
voiles.
Corentin est entré dans sa phase de finition. Des poulies, en
provenance de Hollande, jusqu'à lors bloquées en douane, sont enfin arrivées.
La mise en oeuvre du gréement dormant
effectuée, les membres de l'association
se sont attachés à construire le gréement
courant, qui consistait à mettre en place les vergues, les voiles en lin,
(fabriquées en Ecosse par James LAWRENCE), les drisses et les écoutes.
Cette partie des travaux a
d'ailleurs été rendue très délicate
et difficile, par le manque de plans et de documents d'époque. Il a donc fallu
faire preuve d'imagination, d'intelligence, d'astuce et de persévérance
pour arriver à reconstituer le "puzzle".
Enfin, après avoir solutionné les
nombreux problèmes et franchi les multiples "écueils", le 27 juin 1992 Corentin était fin prêt pour
sa première remontée de l'Odet.
La tournée postale de Corentin
Les 27 et 28 juin, le lougre Corentin assura le transport du courrier entre Quimper et Bénodet avec Eric
TABARLY comme invité d'honneur.
Pour cette première liaison
postale fluviale, des cartes postales et des enveloppes à l'effigie de Corentin
ont été éditées par la Poste, ainsi qu'un cachet spécial conçu pour l'occasion.
Pour contribuer à l'opération Lougre de l'Odet, la Poste a lancé en effet, les
samedi 27 et dimanche 28 juin, la première liaison postale fluviale entre
Quimper et Bénodet. Sur tout le courrier acheminé par Corentin, un cachet
représentant le lougre a été apposé. Une fois à bord, les lettres ont été
prises en charge par un agent de la poste.
Sur son parcours, le voilier
postal a fait escale au Corniguel, Porz Meillou et Rosulien où il embarqua le
courrier déposé dans des boites spéciales. Muni de son cachet "1ère liaison postale fluviale
par le Corentin", les lettres et autres cartes ont été ensuite
intégrées dans la chaîne normale de la poste.
L'originalité de l'opération ne
s'arrête pas là. Pour les amateurs de philatélie, 8000 enveloppes illustrées et
5000 cartes postales ont été tout spécialement éditées. Le bénéfice de ces
souvenirs philatéliques a été reversé à l'association du Lougre.
Vecteur de communication, le
courrier a été aussi associé à la fête. Toutes les communes riveraines ont
célébré le passage de Corentin comme il se doit avec musique et fêtes locales.
Le matin, départ de Bénodet puis mouillage à la cale de Plomelin sur le coup de midi, Pors Meillou (Gouesnach) vers 16
heures. L'ambiance était formidable, partout sur les rives de l'Odet. La manifestation
a pris fin le 28 au soir à Sainte-Marine.
Toutes les communes qui ont
participé à ce projet ont enfin vu
naviguer ce bateau, trois mâts "Lougre",
le rêve, un peu fou, est devenu réalité !
Le 6 Juillet 1992, Corentin obtient son
livret de navigation en mer
Le 6 juillet 1992, le bateau
était à quai à Port La Forêt pour obtenir son autorisation de navigation en
mer. Corentin a alors été soumis à des essais sous la haute autorité des
inspecteurs du centre de sécurité des affaires maritimes de Concarneau.
Tout d'abord, il a été procédé à
des essais de stabilité, afin de vérifier que le bateau restait dans ses lignes
d'eau tel que calculé sur les plans de l'architecte Dominique PRESLE. Pour cela une grue a déposé sur le tribord du
pont de Corentin des palettes de barres de fonte. Un inspecteur a alors vérifié
au fil à plomb que l'angle de gîte était correct. Il effectua ainsi toute une
série d'essais qui ont confirmé la stabilité du navire.
Vers 15h00, Corentin a appareillé
pour effectuer ses essais sous voile, le premier virement de bord s'est
effectué par un vent de nord-ouest de force 4 devant Concarneau. Ce fut un
succès et les inspecteurs ont même été surpris par les capacités d'accélération
de ce navire d'un poids avoisinant les 90 tonnes.
Après les vérifications
concernant la sécurité, les instruments de navigation et la motorisation, les affaires maritimes ont octroyé à Corentin son livret de navigation.
Le 9 Juillet, le Lougre est en mer,
destination... BREST 92
Corentin est parti pour Brest 92 avec un équipage formé de
salariés de l'association et de bénévoles de la commission technique. Le
premier équipage qui arma Corentin pendant les fêtes de Brest 92 était composé de :
Jean Marc Le
GOUEF Capitaine
Olivier RIGAIL
Bosco
Jacques
GUILLEMIN Mécanicien
Jean Yves
SENECHAL Matelot Gréement
Jean Louis
GREGOIRE Matelot Gréement
Michel LE CAM
Matelot / Gestion des embarquements
Pierre DONNARS
Matelot / Cuisinier
L'équipage raconte...
Le soir du 9 juillet nous avons fait escale à Audierne où nous avons été reçu par l'association du "Cap Sizun" lors d'une grande fête.
Le lendemain, nous avons passé le Raz de
Sein avec à nos côtés d'autres navires du patrimoine comme Belle Angèle, le Cap Sizun, et quelques autres dont le nom nous échappe (pardon pour
ce trou de mémoire).
Surtout nous avons pris en
remorque plusieurs misainiers de
Lesconil que nous avons aidé à passer les forts courants du Raz de Sein.
Le 10 juillet au soir nous sommes arrivés en rade de Brest. Depuis le Goulet une quantité
impressionnante de navires convergeaient alors vers l'entrée du port et
Corentin toutes voiles dehors a fait son entrée dans le 1er bassin
où nous avons été accueilli par une classe d'une école de Quimper qui a suivi
la construction.
Nous avons passé toutes les fêtes
à naviguer dans la journée et à faire visiter le navire le soir. Pendant cette
période de navigation des améliorations techniques ont été apportées au
gréement. Notamment le palan d'écoute du taillevent (grand voile) qui a été
entièrement revu et qui a permis des virements de bord plus rapide en toute sécurité.
Après ces quelques améliorations
nous fûmes très satisfaits du comportement du bateau.
Au départ on pensait à un bateau
lourd, difficile à mener et qui n'avancerait pas spécialement vite. Au fur et à
mesure des navigations, c'est l'impression inverse qui s'est dégagée. Corentin
est un bateau qui marche bien dans le petit temps. C'est d'ailleurs paradoxal
qu'un bateau aussi lourd ait un aussi bon comportement quand il y a peu de
vent. Corentin atteind une vitesse correcte à partir de vent de travers, au
grand largue il est très bien. L'idéal c'est de naviguer à cent degrés du vent
avec un vent entre 15 et 20 nœuds. Le Lougre a atteind dans des conditions
idéales les 10-11 nœuds.
Des milliers de milles en vue
Le 21 juillet Corentin fut de
retour à son mouillage de Bénodet et commença ses campagnes de navigation.
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